Enfin.
Arrivés à Milan après avoir été trempés jusqu'aux os par le deuxième orage du voyage. Le premier était déjà biblique, mais celui-ci était d'une violence inouïe. Tandis que le bus s'enfonçait dans les Alpes, nous pénétrions de plus en plus dans un épais brouillard qui masquait l'immensité des montagnes. Puis la pluie s'est abattue. Puis les éclairs et le tonnerre. Et le sixième jour, le destin a donné un signe à Yael, un grain de sable dans ses rouages.
J'avais hâte de camper ce soir près du lac de Côme et, pourquoi pas, de me baigner un peu, puis de me réveiller et de me préparer un café devant la tente en profitant d'une belle vue. Au lieu de cela, le bus nous a déposés sur le bord de la route, sous un déluge de pluie battante. Le chauffeur a eu la gentillesse de laisser mon vélo à l'abri, qui n'était d'ailleurs pas vraiment étanche à cause de cette pluie torrentielle. J'ai essayé de remettre ma roue, qui n'avait vraiment pas besoin d'être démontée, mais il a insisté pour que je la range. Je m'affaire donc à régler ma roue, mes chaussures sont trempées et ma veste Gore-Tex est mise à rude épreuve. Roue remontée, sacoches remises en place, j'essaie de rejoindre le camping sous un ciel zébré d'éclairs. J'ai alors une idée plus judicieuse : trouver d'abord un abri convenable et rejoindre la gare. C'est là que je réalise que camper n'est pas nécessaire. Je peux prendre un train pour Milan.